Adem Beyazit, le sprinter du BTP

                                                                                                           

Depuis 2013, ce Turc trentenaire dirige Maxi Group à Outreau. De la modeste TPE du bâtiment, il a fait un groupe de trois filiales et d’une centaine de salariés. Avec un appétit toujours intact pour développer, vers Paris et l’Angleterre.

Son maître mot : réussir. A seulement 32 ans, Adem Beyazit a déjà derrière lui un parcours riche, et des plus atypiques. Et une vie à 100 à l’heure. Un virus très certainement transmis par ses parents. Des mordus de travail. Dans les années 80, son père crée la société éponyme du bâtiment, Beyazit Holding, sur leur terre natale, à Ankara en Turquie. Au fil des ans, l’activité se transforme en groupe multi-secteurs. En vingt ans, les Beyazit se retrouvent aux manettes de concessions automobiles, de stations-service et même d’hôtels. Un univers des affaires dont s’imprègne le jeune Adem. Tant et si bien qu’à l’âge de 18 ans, il est nommé responsable de l’une des concessions automobiles. Avec une idée précise dans la tête de son père : lui confier plus tard la direction de la branche BTP. Mais Adem Beyazit veut s’émanciper. Trouver sa voie hors du cocon.

Des cuisines au gros œuvre

Une licence de droit et gestion en poche, il quitte son pays pour la France en 2004. L’année suivante, direction le Nord. Pendant cinq ans, Adem Beyazit sera salarié dans le bâtiment. « Ce que je sais faire de mieux », confie-t-il. Pourtant, en 2011, c’est un restaurant que l’ancien champion d’athlétisme turc rachète rue du Camp de droite à Boulogne-sur-Mer, avec son épouse rencontrée en France. Il le revendra en 2013, après en avoir doublé le chiffre d’affaires. Il se relance aussitôt, cette fois dans le bâtiment. Il pose les fondations de son nouveau projet et crée Maxibat 62, une entreprise de gros œuvre. Retour aux premières amours. L’activité démarre « dans un ancien garage », se souvient-il, avec cinq salariés. Au deuxième exercice, l’entreprise réalise 500 K€ de chiffre d’affaires. Chantier après chantier, Maxibat 62 grandit. Jusqu’à se sentir assez vite à l’étroit dans ses locaux de fortune. En 2015, changement de dimension. Il emballe ses outils et s’installe à Condette, avec ses 20 salariés, dans 700 m2 de bureaux et d’entrepôts. Maxibat 62 y restera quatre ans. « En 2018 nous avions atteint les 47 collaborateurs. Je me suis dit que c’était le moment d’investir pour nous offrir un nouveau siège social ». Ce sera chose faite début 2019 lorsque l’entreprise déménage une nouvelle fois et pose ses valises boulevard Splingard à Outreau. Il aurait pu s’arrêter là. Mais Adem Beyazit en veut plus. Il y a quelques mois, il crée Maxibat Façades avec six salariés (des jeunes formés en interne puis embauchés en CDI). Dans la foulée, il s’adjuge Dourdain Bâtiment, à Avion. Une société qui emploie déjà 47 personnes à ce jour, contre 35 lors de son rachat. Désormais, les trois sociétés d’Adem Beyazit ne font plus qu’un : Maxi Group. Soit une centaine de collaborateurs pour 13 M€ de chiffre d’affaires consolidé. Bien parti pour approcher les 20 M€ l’an prochain, au vu du carnet de commandes. Avec en ligne de mire les 40 M€ à horizon quatre ans.

Se développer, toujours plus

Comment ? Le jeune patron veut couvrir le nord de Paris avec une kyrielle d’agences d’une quarantaine d’employés chacune, la première dans la Somme dès 2021. « Nous sommes plus performants et réactifs en étant proches de nos clients car nous réduisons les déplacements. une bonne chose pour la planète… et pour le portefeuille ! », sourit-il. Maxi Group se prépare aussi à poser un pied en Angleterre, en dépit du contexte. Adem Beyazit veut croire au potentiel du marché britannique. Les démarches administratives sont déjà dans les tuyaux. « Nous sommes relativement prêts. Seul le Brexit decidera du temps que ça prendra. »